La valorisation de la recherche à l’École Centrale : historique et exemple de Metravib

Lionel Gaudriot et Jacques Martinat

Présentation de l’expérience originale des sociétés privés qui ont entretenu des liens étroits avec l’École Centrale de Lyon afin de permettre la valorisation de la recherche produite à l’École par le biais de transferts de technologie. Cette collaboration, illustrée par le cas de Metravib, a été profitable à tous, bien que considérée comme hérétique lorsque l’ECL l’a initiée à la fin des années 1960.

Jacques  Martinat
PDG et fondateur de Metravib
Lionel  Gaudriot
Directeur Scientifique et fondateur de Metravib

Texte intégral

Une brève histoire des sociétés partenaires

1 A la fin des années 1960 et dans un contexte difficile dû au statut de l’École Centrale de Lyon de l’époque, Paul Comparat avait trouvé une solution pour assurer la gestion des contrats de recherche. L’école confiait cette charge à une association loi 1901, l’ADETAM1 adossée au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM). En effet, très convaincu de l’intérêt du rôle de promotion scientifique, technique et sociale du CNAM, Paul Comparat avait créé puis dirigé, à partir de 1953, le centre associé de Lyon dont l’infrastructure administrative était hébergée dans les locaux de la rue Chevreul. Néanmoins, la gestion centralisée à Paris demeurait complexe, la formule critiquée au niveau ministériel, et il apparut rapidement que cette formule ne pouvait perdurer.

  • 1  Association pour le (...)

2Par ailleurs, en 1969, Paul Comparat avait offert à une jeune société de recherche sous contrat, Metravib, un hébergement de démarrage en échange de prestations pédagogiques essentielles dans le cadre de la nouvelle implantation d’Écully, et d’une aide à l’essor de la recherche dans le domaine de la mécanique vibratoire. En 1972, Jean Mathieu et ses collègues créaient Metraflu, une SARL2 destinée a apporter spécifiquement au LMFA3 un soutien dans sa politique contractuelle. Ce soutien s’exerçait à la fois sous forme administrative et financière en terme de gestion des contrats de recherche et des investissements, et sous forme technique en mettant à disposition du personnel (ingénieurs et techniciens) pour la réalisation de ces contrats. Quand l’hébergement de ces deux entités devint un problème la SCI4 Fluvib fut créée pour construire, sur un terrain proche de l’école, le bâtiment qui allait accueillir Metravib et Metraflu.

  • 2  Société A Responsabilité (...)
  • 3  Laboratoire de Mécanique des (...)
  • 4  Société Civile Immobilière

3Cet exemple allait être suivi par d’autres laboratoires, en particulier à partir de 1976, date d’accession à la direction d’Auguste Moiroux. Ainsi apparurent successivement : le CRMT5 en relation avec le laboratoire de machines thermiques (1976), une association avec CEDRAT6 pour la promotion de logiciels concernant l’électrotechnique au sens large (1977), l’ATEMAT consacrée aux matériaux nouveaux tels que les composites et à leur conception (1981). Bien d’autres suivirent : ATEMI (1984), SORETRIB (1985), Science et Surface (1985), et d’autres plus éphémères.

4Toutefois, comme l’a souligné Claude Lacroix, secrétaire général de l’école durant cette période, « les autorités de tutelle (ministère, cour des comptes, direction du Trésor) dénoncèrent ces structures utiles et efficaces mais à leurs yeux hérétiques au motif qu’elles pouvaient verser des compléments de salaires illégaux et utiliser des crédits et des moyens publics au service du privé », en ignorant totalement le rôle bénéfique des retombées inverses sur la qualité de l’enseignement et de la recherche. Il est cependant clair « qu’en créant un véritable pôle de formation industrielle venant compléter les enseignements académiques, il y eut – en plus de la dynamisation des actions de recherche – un rééquilibrage de la formation donnée aux élèves par l’apport de notions d’économie, de management, et par l’effort nouveau fourni dans le domaine de l’enseignement des langues ».

5Auguste Moiroux s’employa donc à convaincre le ministère de la nécessité de prévoir des structures de ce type dans les établissements d’enseignement et de recherche, et de leur donner un cadre réglementaire. Parallèlement, et en attendant que l’école soit pourvue d’un statut plus conforme à sa taille et à ses buts, il mit en place, dans le cadre de la loi du 15 juillet 1982, un service gestion et valorisation de la recherche (SGVR) dont le rôle s’est progressivement élargi :

il apporte son soutien aux laboratoires qui souhaitent participer à des projets de recherche (montage juridique et financier des contrats avec les partenaires pour l’essentiel publics) ;

il oriente les industriels à la recherche de compétences scientifiques et techniques à l’École ;

il accompagne les demandeurs potentiels vers la création d’entreprises.

6Dans un second temps et dès que l’école se vit doter du statut d’ EPCSCP7, Jacques Bordet put saisir l’opportunité de créer, le 1er janvier 1993 (et dans le cadre de la loi du 4 décembre 1985), une filiale de droit privé, Centrale Lyon Innovation (CLI),dotée d’un conseil de surveillance présidé par le directeur de l’École Centrale de Lyon et dont le président du directoire est placé sous l’autorité du responsable du service gestion et valorisation de la recherche.

  • 7  Établissement Public à (...)

7Ses missions, complémentaires de celles du SGVR, concernent plus particulièrement :

la gestion administrative et financière des contrats privés en effectuant le recrutement et la gestion des personnels et du matériel nécessaires pour mener à bien ces opérations ;

le regroupement des participations financières de l’École Centrale de Lyon dans des sociétés partenaires de recherche ;

la gestion d’un centre destiné à abriter des entreprises industrielles travaillant en synergie avec les unités de recherche de l’École.

8Cette réalisation nommée « Centre scientifique Auguste Moiroux », en l’honneur du véritable pionnier que fut Moiroux, est l’aboutissement des efforts conjoints de la chambre de commerce de Lyon, de la communauté urbaine de Lyon et, bien entendu, de l’école elle-même. Inaugurée le 12 janvier 1999 en présence de Raymond Barre, maire de Lyon à l’époque, il est en fait une version rénovée du bâtiment construit par Fluvib pour abriter, dans les années 1970, Metraflu et Metravib.

9Parallèlement à ces structures, l’École Centrale de Lyon participe à un incubateur d’entreprises, CREALYS, créé en 1999 dans la foulée de la loi sur l’innovation du 12 juillet 1999, et à une structure commune de valorisation de la recherche, Lyon Science Transfert, mise sur pied en 2006 à l’occasion des appels à projets ANR8 dans la perspective de l’émergence d’un Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) lyonnais

  • 8  Agence Nationale de la Recherche

10Ces évolutions, qui se sont poursuivies jusqu’à la création récente de la direction des partenariats, sont à porter au crédit des efforts persévérants accomplis durant des décennies par les directeurs successifs, notamment Auguste Moiroux, Jacques Bordet, Étienne Pascaud et leurs collaborateurs.

11Mais revenons sur l’histoire de Metravib.

L’École Centrale de Lyon accueille Metravib

Les origines

12Á la fin des années 50, sur le site de la Doua, s’amorçait la création du pôle universitaire aujourd’hui bien connu. L’INSA9 de Lyon venant de naître, ses fondateurs, et tout particulièrement le recteur Capelle, souhaitaient que soit associée à la mission éducative de l’établissement une mission de recherche, de nature académique pour une large part, mais aussi très appliquée avec transfert au tissu industriel, notamment aux PME. La Société de développement régional du Sud-Est, chargée de la mise en place de ce dernier point, appelant un capital auprès de plus de 300 entreprises, créa alors le Centre de Recherches Industrielles sous Contrat (CRIC) sous forme d’une société anonyme totalement privée. Implantée à partir de 1963 dans les locaux de l’ancien émetteur radio de la Doua, dirigée par Maurice Ferré revenu des USA10 où il était en charge du centre de recherche de Schlumberger, cette société s’est attachée à transférer les acquis de la recherche aux entreprises petites et moyennes en les adaptant à leurs exigences propres.

  • 9  Institut National des Sciences (...)
  • 10  United States of America

13Si aujourd’hui ce transfert apparaît ardu, on peut imaginer ce qu’il était près de 50 années en arrière et, rapidement, les « cultures » des uns et des autres étant trop éloignées, la courroie de transmission entre les deux mondes s’est mise à patiner : les laboratoires publics étant pour le moins réticents à l’utilisation de leurs travaux pour des usages « mercantiles ». Seule exception, l’École Centrale de Lyon, alors encore implantée rue Chevreul, et tout particulièrement le laboratoire de mécanique des fluides dirigé par le professeur Jean Mathieu avec lequel se sont rapidement et efficacement nouées des relations étroites et fructueuses : travaux communs, échange de personnels, publications communes.

14Malgré ce soutien, et bien que ne restreignant plus strictement ses actions aux PME11, le CRIC n’a pu atteindre l’équilibre financier (ce qui, étant donné son objet, ne surprend plus personne aujourd’hui mais apparaissait alors comme quasiment délictueux !) et la tornade de mai 68 l’a emporté : le CRIC a fait crac et la totalité du personnel (une soixantaine) a été licenciée.

  • 11  Petites et Moyennes Entreprises

15Á ce moment-là cependant, un important contrat d’acoustique était en cours d’exécution au département d’électronique et de physique pour le compte du Service Technique des Constructions et Armes Navales (STCAN), et le donneur d’ordre ne souhaitait pas que les travaux soient interrompus ou repris par une autre équipe. Il a en conséquence incité les personnels engagés dans cette opération à poursuivre leur activité dans le cadre d’une société qu’ils créeraient. Six personnes (chef de département, ingénieurs et chercheurs) se sont ainsi associées pour constituer une SARL nommée Metravib (Société pour la MEsure et le TRAitement des VIbrations et du Bruit).

16Bien que doté d’une assurance d’activité pour plusieurs années autorisant le financement d’au moins trois personnes, le démarrage de la société s’avérait particulièrement difficile en ces temps ou la création de PME de technologie n’était pas à la mode. En effet, n’ayant aucune assise financière, elle ne disposait d’aucun matériel pour conduire ses travaux, non plus que de locaux où s’installer, l’administrateur judiciaire en charge de la liquidation du CRIC refusant tout maintien dans les bâtiments de la Doua.

La mise en place

17Monsieur Comparat, directeur à cette époque d’une École Centrale de Lyon transférée cette fois à Écully et capable d’accueillir plus de 300 élèves par promotion, soit trois ou quatre fois plus que rue Chevreul, offrit alors, avec beaucoup d’intelligence, un hébergement à Metravib dans des conditions particulièrement attrayantes : tant que le taux d’occupation de l’école – qui prendrait un certain temps pour atteindre son quota prévu de 300 élèves – le permettrait, Metravib pourrait disposer d’un vaste laboratoire et des bureaux attenants dans le bâtiment de mécanique afin d’y conduire ses travaux.

18En retour, Metravib s’engageait à participer activement à la formation des élèves ingénieurs :

en assurant des travaux pratiques notamment sur un important appareillage d’analyse vibratoire et acoustique que le STCAN avait finalement mis à disposition de Metravib pour traiter ses problèmes ;

en offrant des stages, de fin d’études en particulier, sur des sujets directement en prise avec les réalités industrielles traitées par la société ;

en coopérant aux travaux de recherche des laboratoires de l’École et tout spécialement en mécanique du solide dont le chef de département était Helge Horgen, également ancien du CRIC.

La vie en commun

19Engagée sur ces bases dès le début 1969, la coopération ECL-Metravib ne s’est pas bornée à un « hébergement payé en nature ». La participation à la formation des élèves était une tâche noble et Metravib s’en est acquitté avec le plus grand sérieux, mais ce fut bien plus, à deux niveaux au moins !

20Tout d’abord, une franche collaboration s’est engagée dans le domaine des disciplines communes : avec Jean-François Brochemin et ses collaborateurs en mécanique du solide, de même qu’avec les équipes de Jean Mathieu en mécanique des fluides – qui avait en outre fort à propos intégré un des fondateurs de Metravib – pour développer les technologies nouvelles et les transférer aux entreprises grandes, petites ou moyennes dans le cadre de contrats d’étude et d’assistance, reprenant ainsi la vocation avortée du CRIC en la restreignant toutefois à un domaine de compétence limité.

21Par exemple, mécanique des fluides et Metravib sont intervenus ensemble sur la plate-forme pétrolière de Frigg, en mer du Nord, pour évaluer le comportement dynamique de cette structure sollicitée par de puissants groupes turbocompresseurs, permettant ainsi à l’opérateur (Elf) d’obtenir un agrément d’exploitation par l’organisme de certification norvégien.

22De même divers études et essais préliminaires au Train à Grande Vitesse ont pendant plusieurs années été conduits en associant les personnels de mécanique du solide et Metravib. Doit-on également rappeler l’organisation annuelle des colloques Bruits et Vibrations massivement suivis par les spécialistes français et européens, ou bien l’invitation au Professeur Richard. H. Lyon du MIT12 à venir présenter une série de conférences sur la statistical energie analysis qu’il venait de formuler ?

  • 12  Massachusetts Institute of (...)

23Bien d’autres exemples de travaux en commun pourraient être cités concernant tous les secteurs d’activité, sauf ceux liés à la défense qui ont par contre puissamment aidés au développement propre de Metravib. En effet, les besoins d’intégration de technologies nouvelles en acoustique sous-marine (discrétion acoustique), dans le domaine nucléaire militaire et civil (séparation isotopique) ou bien dans le secteur spatial (fusées Diamant) étaient considérables, et pour les traiter avec succès (explication du phénomène Pogo sur les fusées et son traitement, reprise complète de l’aménagement des sous-marins pour les insonoriser, évaluation des champs acoustiques rayonnés à partir de la mesure en champ proche,…). Metravib a dû embaucher de nombreux chercheurs et ingénieurs, souvent issus d’ECL, comme par exemple ce groupe de TP13 de 3 élèves embauchés en bloc dès la fin de leur scolarité, et peut-être bien même un peu avant !

  • 13  Travaux Pratiques

24Dans ces conditions, les locaux à l’intérieur de l’école se sont avérés rapidement insuffisants et, sans pour autant les abandonner, des extensions ont du être mises en place dès 1971 dans le 3e arrondissement de Lyon. Enfin en 1974, tout en continuant jusqu’en 1981 à maintenir une activité au sein de l’ECL, un terrain situé de l’autre coté du chemin des Mouilles, en face du département de mécanique des fluides a été acquis en commun par les personnels de Metravib et Metraflu pour y élever un bâtiment de 2500 m2 destiné à l’hébergement de ces deux sociétés

De Metravib à Metraflu

25Á cette époque, au début des années 70, la rigidité administrative interdisait pratiquement toute forme de relation marchande entre des équipes universitaires (même de grandes écoles) et des entreprises. Pour activer une telle coopération, les plus déterminés avaient recours à des associations loi de 1901 (à but non-lucratif) quasiment ingérables et toujours suspectes aux yeux de l’administration fiscale. L’exemple Metravib-ECL démontrait qu’une société privée, indépendante, vivant en étroite symbiose avec un milieu de la recherche et du développement ouvert, pouvait œuvrer en toute lumière et, pour le bénéfice de tous, réussir à transférer efficacement les acquis de la recherche au monde industriel ainsi que fournir en retour des thèmes pertinents de réflexion aux laboratoires.

26Cette synergie exemplaire allait susciter des vocations dans les diverses autres disciplines présentes à l’école et tout spécialement au département de mécanique des fluides, puissamment et depuis longtemps engagé dans des collaborations industrielles par le biais alambiqué d’associations loi de 1901, ADETAM par exemple. Jean Mathieu, dès les années 1972-73 a conçu le projet d’une société dédiée spécifiquement au traitement de problèmes liés à la mécanique des fluides et, début 1974, les statuts de la SARL Metraflu (Société pour la MEsure et le TRAitement des FLUides) ont été déposés.

27Les personnels du laboratoire de mécanique des fluides en étaient actionnaires, de même que, pour une part faible mais symbolique, Metravib dont le PDG14 a assumé la première gérance en attendant que Régis Flot, le gérant désigné, ait terminé sa thèse, ce qui fut fait le 1er août 1974. Metraflu s’est alors ancrée plus intimement encore que Metravib dans la pratique « universitaro-entrepreneuriale » de l’école et, même si elle a fait grincer quelques dents du coté des « puristes », il faut rappeler que ce fut en France la première initiative de PME de technologie d’origine purement universitaire, amplement copiée depuis !

  • 14  Président Directeur-Général

28L’exemple étant contagieux, presque tous les départements de l’école ont suivi le mouvement et suscité en leur sein la naissance de jeunes entreprises à fort potentiel scientifique appliqué au traitement de problèmes industriels. Peu à peu, et selon leurs opportunités de développement, elles ont essaimé alentour créant ainsi de facto une zone d’activités scientifiques et techniques au voisinage de l ’ECL.

29Á un facteur d’échelle près, ce mouvement n’était pas sans rappeler la concentration d’entreprises de technologie issues du MIT opérée aux USA à l’invite de la NASA15 (programme Apollo) sur la route 128 entourant Boston.

  • 15  National Aeronautics and Space (...)

Suite…et fin

30Les assises ainsi posées, chacun a alors vécu sa vie. Quant à Metravib, son destin a été marqué, d’une part par le très fort couplage à l’ECL et, par là, au milieu de la recherche et de l’innovation technologique, d’autre part par son engagement au service de la défense (en moyenne 60 à 80 % de l’activité annuelle, avec même à certains moments une demande atteignant 100 %).

31La société, dans ses conditions, forte de quelques réussites remarquées, s’est largement développée :

32- verticalement, en créant des filiales valorisant ses savoirs :

Metravib Instruments, implantée dans 2500 m2 de bâtiments neufs sur la zone Techlid, produisant des équipements de mesure (accélérometrie) et de surveillance vibratoire (Movilog, systèmes SISS et KIR pour la sécurité des centrales nucléaires), des corrélateurs acoustiques pour la détection des fuites sur les réseaux de distribution d’eau, des équipements de rhéologie utilisés entre autre dans l’automatisation des fromageries,

Vectavib produisant, en collaboration avec ESIEE (École Supérieure des Industries Électriques et Électroniques) de Marne-la-Vallée, des micro-accéléromètres silicium pour l’industrie automobile,

Eurovib, GIE16 commun avec la Société Nationale des Poudres et Explosifs, pour la production de matériaux amortissants,

  • 16  Groupement d’Intérêt (...)

33- géographiquement, en s’implantant dans les zones à fort potentiel technologique :

Deutsche Metravib à Stuttgart (Allemagne),

Metravib Instruments Inc à Boston et Los Angeles (USA).

34Au total, en 1988, vingt ans après sa création, elle réalisait un chiffre d’affaires de 150 millions de francs avec 280 employés dont près d’une centaine d’ingénieurs et chercheurs.

35Ce positionnement particulier en avance (peut être trop !) sur les réalités du moment, mais en plein accord cependant avec la volonté de transfert et de valorisation affichée par les pouvoirs publics, poussa les responsables de la société à jouer un rôle actif dans la promotion de cette voie de développement à laquelle ils croyaient (siège au CA17 de l’Anvar18, de l’ANRT19, au CSRT20, aux comités européens des 2eet 3e PCRD21, présidence du comité régional d’orientation de l’Anvar et même co-présidence, avec le président de l’université Joseph Fourier de Grenoble, des Assises régionales de la Recherche en 1981), sans véritable succès puisque a été créée et richement dotée une Agence de l’Innovation Industrielle qui postule que « le contexte français n’est pas favorable à un type de développement à partir de PME » et que « vouloir singer le modèle Silicon Valley mène à l’échec » !22

  • 17  Conseil d’Administration
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  • 19  Association Nationale de la (...)
  • 20  Conseil Supérieur de la (...)
  • 21  Programme-Cadre de Recherche et (...)
  • 22  Jean Louis Beffa, PDG de Saint (...)

36Ajoutons également que la chute du mur de Berlin, fin 1989, en réorientant les priorités défense, a contraint Metravib à une profonde mutation qui in fine s’est mal passée suite à un véritable racket – cependant avalisé par la justice (?) – orchestré par une grande entreprise spécialiste en la matière. Mais ceci est une autre histoire qui n’a pas sa place ici.

37Pour conclure et quelle qu’ait pu être l’issue d’une aventure d’un quart de siècle, les auteurs de cette note, responsables en premier chef du Metravib authentique (1968-1993), tiennent à exprimer à l’institution École Centrale de Lyon, ainsi qu’à ses représentants avec lesquels ils ont eu l’honneur d’œuvrer – ses directeurs Paul Comparat, Auguste Moiroux, Jacques Bordet dont ils saluent la mémoire, ses professeurs, ses chercheurs et tous ses personnels – leur très profonde gratitude pour leur accueil et la tache assumée en commun.

38Pour eux, il ne fait aucun doute qu’ils ont vécu là la part la plus marquante et la plus exaltante de leur vie professionnelle.

Notes

1  Association pour le Développement et l'Étude des Techniques des Arts et Métiers

2  Société A Responsabilité Limitée

3  Laboratoire de Mécanique des Fluides et d’Acoustique

4  Société Civile Immobilière

5  Centre de Recherche sur les Machines Thermiques

6  http://www.cedrat.com/

7  Établissement Public à Caractère Scientifique, Culturel et Professionnel

8  Agence Nationale de la Recherche

9  Institut National des Sciences Appliquées

10  United States of America

11  Petites et Moyennes Entreprises

12  Massachusetts Institute of Technology

13  Travaux Pratiques

14  Président Directeur-Général

15  National Aeronautics and Space Administration

16  Groupement d’Intérêt Économique

17  Conseil d’Administration

18  Agence Nationale de VAlorisation de la Recherche

19  Association Nationale de la Recherche Technique

20  Conseil Supérieur de la Recherche et de la Technologie

21  Programme-Cadre de Recherche et de Développement de la Communauté européenne

22  Jean Louis Beffa, PDG de Saint Gobain,  Le Monde, 20/01/2005

Pour citer ce document

Lionel Gaudriot et Jacques Martinat , «La valorisation de la recherche à l’École Centrale : historique et exemple de Metravib», Histoire de l'École Centrale de Lyon [En ligne], Mémoire de l'École Centrale de Lyon, 150 ans d'histoire d'une institution, mis à jour le : 20/11/2008, URL : http://histoire.ec-lyon.fr/index.php?id=987.